
L'AÏKIDO est un art martial japonais dont l'un des principes fondamentaux est d'opposer le vide face à l'attaque d'un adversaire, ce vide étant créé par diverses esquives.Un autre principe complémentaire consiste à utiliser le mouvement de l'adversaire dans le même sens, à l'amplifier et à le retourner ensuite contre lui-même.
L'aïkido met en oeuvre des principes d'union, de complémentarité et d'harmonisation des énergies. L'idée de contrer ou de bloquer la force de l'adversaire n'est pas recherchée ; on se sert d'une énergie complémentaire de celle que déploie l'attaquant.
Le but de l'aïkido n'est pas de détruire mais plutôt d'unir deux gestes, celui de l'attaque et celui de la défense en un seul mouvement contrôlant l'adversaire et rendant son attaque inutile.
A l'intérieur des mouvements d'aïkido, on retrouve l'emploi de la force centripète qui rapproche du centre, en combinaison avec la force centrifuge qui éloigne du centre. Ces deux forces universelles correspondent à la fois à des mouvements d'absorption et de projection de l'énergie adverse en association avec les phases du mouvement respiratoire, l'inspiration et l'expiration.
Les atémis qui sont utilisés dans les techniques sont des coups simulés, n'ayant pour but que de créer des réactions chez l'adversaire. Les chutes sont souples, roulées et sont un moyen de défense pour celui qui subit les techniques.
Les mouvements de l'aïkido découlent des mouvements circulaires du sabre japonais, les principes réalisés à mains nues peuvent aussi s'adapter à un travail avec des armes, contre un ou plusieurs adversaires.
LES QUALITÉS MOTRICES ET L'ENTRAÎNEMENT EN AÏKIDONous allons passer en revue les différentes qualités motrices et souligner leur intérêt respectif au cours de la pratique de l'aïkido.
1)- La vitesse est l'aptitude à réaliser un geste ou à parcourir une distance donnée dans le temps le plus court possible. Elle dépend de:
- - La vitesse de contraction qui est fonction de la charge, du poids déplacé.
- - La vitesse de réaction qui est une qualité nerveuse et non musculaire. C'est une vitesse liée à la coordination qui permet d'insister sur l'intérêt de transformer le mouvement volontaire en mouvement automatique.
Au cours de la pratique de l'aïkido il faut donc répéter de nombreuses fois une même technique pour acquérir cette qualité fondamentale qu'est la vitesse de réaction.
2) - La force est l'aptitude à vaincre une résistance extérieure statique (c'est la force isométrique) ou à vaincre une opposition en mouvement (c'est la force dynamique). La force isométrique est obtenue par la contraction d'un ou plusieurs groupes musculaires sans en provoquer le raccourcissement. La force dynamique entraîne par contre le raccourcissement des muscles intéressés.
En aïkido, la notion de force doit entrer en ligne de compte sur le mode isométrique avec comme exemples types le bras tendu, bras "sabre" impossible à plier ou la position droite du buste, positions permettant d'amplifier et de diriger dans les différents mouvements l'action du KI partant du bassin. La force dynamique implique beaucoup plus la notion d'opposition, exclue théoriquement de l'aïkido.
La musculation intensive est déconseillée pour l'enfant de moins de 15 ans et elle est de fait peu utile dans la pratique de l'aïkido.
3) - La coordination est l'organisation des influx sensitifs et moteurs, réflexes ou volontaires. Le cervelet est le centre de la coordination et de l'équilibre et permet la perception du schéma corporel dans l'espace.
L'aïkido stimule le développement psychomoteur en améliorant la coordination du contrôle musculaire et la perception du schéma corporel. ll faut insister sur l'importance du travail symétrique à droite et à gauche qui conduit à un travail musculaire bien équilibré.
4) - La souplesse est l'aptitude à une amplitude maximale de tous les segments du corps. Elle dépend de 3 facteurs:
- - Anatomiques : la forme anatomique des articulations ne peut être améliorée que jusqu'à l'âge de 10 ans environ, 12 ans pour le rachis. Au delà, l'ossification acquise ne permet plus de progrès notable.
- - Musculaires: un muscle rétracté, peu entraîné est très limitant dans le mouvement pour en améliorer la souplesse, il convient de pratiquer des étirements, en particulier au cours des échauffements.
- - Nerveux: c'est la possibilité de mise en jeu plus ou moins rapide des muscles antagonistes qui freinent et arrêtent le geste. Ce facteur peut être amélioré par des techniques d'assouplissement (utilisées en yoga).
Au cours de la pratique de l'aïkido la souplesse des articulations sollicitées par les techniques devra être soigneusement entraînée par un travail de type passif (en particulier au niveau des épaules, des poignets et des chevilles). II s'agit d'un point clé de réchauffement qui devra être parfaitement maîtrisé par l'enseignant.
5) - L'endurance est la capacité de fournir un effort d'intensité faible à modérée pendant une longue durée. C'est un travail aérobie, en aisance respiratoire (en pratique permettant la parole) avec une fréquence cardiaque inférieure à 140 pulsations par minute. L'entraînement bien mené en endurance permet de développer la consommation maximale d'oxygène ou V02 max. (reflet direct de la capacité de travail aérobie ) d'environ 15% par rapport à une valeur de départ qui diffère en fonction des sujets (sexe, âge, hérédité, entraînement antérieur). La valeur de base de la V02 max. qui peut être déterminée directement au cours d'une épreuve sur ergocycle est de 30 à 45 ml/kg de poids corporel Vmn. chez le sujet sédentaire. L'endurance est une qualité cardio-circulatoire corollaire d'un agrandissement des cavités cardiaques (hélas réversible) et d'une augmentation de la puissance de contraction du coeur qui se traduit par une bradycardie chez le sujet entraîné (bradycardie = rythme cardiaque de repos plus lent que chez la moyenne des sujets du même âge)
Les sports types en sont le marathon, le ski de fond, le cyclisme.
Cette qualité est essentielle pour l'enfant chez lequel il faudra par contre éviter au maximum les efforts en résistance.
6)- La résistance est la qualité qui permet de réaliser un effort d'intensité élevée pendant le temps le plus long possible (exemple: 400 m plat). Le travail en résistance met en jeu les processus anaerobies lactiques et alactiques et réalise des fréquence cardiaques proches des fréquences cardiaques maximales théoriques (FCmax = 220- âge). Elle est donc une qualité essentiellement cardiaque corollaire d'un coeur musclé capable d'une grande force de contraction. Mais cette musculation est peu réversible et empêche un gain d'amplitude ultérieur des cavités cardiaques. Il faut éviter au maximum l'entraînement en endurance chez l'enfant.
Le test de Ruffier-Dickson est le test le plus employé pour évaluer la résistance et la capacité de récupération.
Au total, dans la pratique de l'aïkido, l'entraînement en résistance doit donc céder le pas à l'entraînement en endurance qui a l'avantage d'une préparation générale à tous les sports et préserve l'avenir des enfants et des adultes sur le plan cardiaque. Le travail en aisance respiratoire doit être un souci majeur pour l'enseignant qui s'efforcera d'imprimer un rythme souple et régulier à la réalisation des techniques. Un bon enseignement des bases techniques permet, en diminuant les efforts musculaires de faciliter la réalisation des mouvements et en même temps le travail en aisance respiratoire. En pratique seul l'entraînement au Randori sollicitera de façon importante les qualités de résistance avec un rythme cardiaque supérieur à 150 battements par minute.
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